Propriétaire à 35 ans à Paris, un rêve impossible ?

    Propriétaire à 35 ans à Paris, un rêve impossible ?

    30 avril 2017

    Mon projet immobilier

    Pour la génération Y, l'accès à la propriété est très compliqué à Paris. 
    Est-il encore raisonnable d'en rêver et quelles pourraient être les alternatives ?

    Nombreux sont ceux nés entre 1981 et 1998 qui rêvent de devenir propriétaire de leur appartement ou maison. 41% d'entre eux le sont déjà, quand 69% en rêvent pour les 5 prochaines années. Entre les incertitudes liées à l'emploi, les difficultés à épargner, le besoin de mobilité professionnelle, l'émergence de nouveaux rapports à la propriété, notamment autour de l'économie collaborative, devenir propriétaire a pris de multiples formes.

    Entre renoncement assumé, recherche d'alternative et volontarisme immobilier, voici quelques profils de trentenaires d'aujourd'hui.

    Le "Locataire for ever" :  Paris est une fête !

    Si vous êtes plutôt jouisseur comme la cigale et peu disposé à vous serrer la ceinture pendant des années, l'accès au marché immobilier parisien peut vous sembler fermé. En cause, trois facteurs principaux :

    • des salaires insuffisants pour les jeunes, étudiants puis actifs (en moyenne 2280€ sur la tranche 18-34 ans) qui, même à deux, ne permettent pas d'économiser suffisamment pour avoir un apport correct. A Paris, il faudra compter par exemple sur un apport d'au moins 100 K€ (30% minimum) pour un premier achat d'un T2 de 30-40 m2 K€ entre 300-400K€. Sans aide de la famille ou des amis, point de salut donc. Résultat, à Paris, le choix de la location s'impose comme la seule option avant un moment, surtout quand on n'a pas encore d'enfant.
    • un emprunt bancaire impossible ou presque hors CDI. Face au développement des statuts de freelance, d'entrepreneurs de toute sorte et de travailleurs trentenaires sans CDI, les banques ne semblent pas vraiment avoir pris la mesure du problème. "On ne prête qu'aux riches" direz-vous ? Pas faux ! Malgré des durées de prêt élevées, souvent proches de 20 ans, c'est toute une génération de trentenaires parfaitement compétents et à fort potentiel mais qui n'a pas accès au crédit immobilier contrairement à leurs parents.
    • l'envie de profiter plus longtemps d'une vie sans enfant. De fait, les sociologues observent depuis plusieurs années une corrélation entre le recul de l'âge d'accès à la propriété (37 ans) et celui du premier enfant (31 ans à Paris contre 28 en France). Comme si, vivre à Paris devenait un tel luxe que renoncer aux plaisirs d'une vie de sorties, de voyages et de liberté pour "se calmer" n'était plus une évidence à l'abord de la trentaine. "Il y a un temps pour tout, et autant profiter de Paris tant qu'on peut" explique Audrey, elle même chasseur immobilier. Va pour la location donc !
    • une mobilité professionnelle de plus en plus choisie. Pour la génération Y, bouger et travailler à l'étranger ou en France, en mission ou de façon plus permanente, est une option voire une stratégie professionnelle totalement assumée. Acheter son appartement, avant d'être "posé", en couple ou en famille, est souvent perçu comme un "fil à la patte" indésirable.

     

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    Le "Airbnb semi pro" : Host in Paris ! 

    Si vous êtes plutôt bâtisseur comme le castor et que vous ne voulez pas vous prendre la tête à 30 ans avec un gros achat, l'autre option ans, c'est l'investissement locatif. Un studio bien placé, acheté au bon prix, c'est une garantie de revenu stable, sans gros effort et sans contrainte en terme de mobilité. Loué à l'année en province ou banlieue, ou sur Airbnb à Paris, en direct ou via quelques plateformes de gestion comme bnbsitter, un grand studio de 25 m2 bien placé et rénové avec goût sera toujours un meilleur investissement qu'un T2 excentré acheté pour soi-même, vite trop petit et revendu 5 ans plus tard.

    Le "Pragmatique" : A moi la banlieue ! 

    Si vous êtes plutôt protecteur comme la louve, pensez au déménagement pour la famille.  "Mon boulot me plaisait bien donc avec l'arrivée du premier enfant, nous ne pouvions plus rester à Paris. Nous avons dû nous résigner à partir en banlieue pour acheter un appartement avec 2 chambres de 400 K€" décrit Laurence M. Là, pas de miracle, il vous faudra choisir le bon compromis entre temps de trajet, qualité de l'environnement et taille du bien.  Soyez à l’affût, le projet du Grand Paris recèle de belles opportunités d'investissement dans le neuf comme dans l'ancien. Paris sera demain à portée de train ou métro.

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    Le "F... Paris" : Vive la province ! 

    Si vous êtes plus rat des champs que rat des villes, que vous ne supportez plus Paris, et que la banlieue vous déprime, une option s'impose : la province. Souvent, disons le, ce choix correspond pour au moins un des deux membres du couple, à un retour aux sources ou à une volonté de retrouver une vie plus saine et plus calme. Confortable d'un point de vue qualité de vie, le choix est encore plus évident pour beaucoup d'un point de vue immobilier : "pour le même prix, je peux avoir une maison ou un grand appartement à Nantes ou à Bordeaux" explique Laura. Mais cela se complique d'un point de vue professionnel sauf à être muté par son entreprise. "Je rêve de trouver un bon  job à Bordeaux, Nantes, Marseille ou même Lyon ?" poursuit-elle. "Mais dès qu'un des deux trouve un boulot sur place, on emmène tout le monde et on fonce. D'abord en location, mais on pourra vite acheter". De fait, le prix au m2 reste 2 à 4 fois moins cher entre Paris et les grandes villes de province. Et s'il le faut pour un des deux, vive le télétravail !

    L'expat investisseur : "Mission accomplished" !

    Si, comme le chat, vous aimez les escapades même longues mais pensez déjà au retour, alors il est temps de préparer votre futur cocon. Avec un peu de chance, vos possibilités d'épargne auront largement augmentées, surtout si vous avez pu partir tôt à l'étranger dans de bonnes conditions, en expatriation dans une grande entreprise par exemple. Parti de France locataire, célibataire peut-être, vous voici autour des 35-40 ans à consulter frénétiquement les listes de bons lycées pour le plus grand compatibles avec votre prochain job en France. Le choix de Paris comme de la banlieue sera souvent très personnel et dépendra in fine de vos ressources financières. 

    L'iconoclaste  : Locataire en principale, propriétaire en secondaire ! 

    Si vous êtes plutôt du genre oiseau migrateur comme la bernache, optez pour la double vie. Certains crieront au génie, d'autres vous traiteront de fou. Pour Charles, consultant à Paris et célibataire : "Impossible de dégrader ma qualité de vie à Paris, donc autant rester en location.  Je pourrai plus facilement bouger en fonction de la suite. Mais pour le week-end dès maintenant, je veux me faire plaisir et avoir un point d'ancrage avec une petite maison à 2 h de Paris. Et investir sans attendre". Va pour la Normandie donc. Comme l'oiseau migrateur, cette maison devient un point d'attache au long cours où créer sa "vraie vie affective". Avec 300 K€, pas loin du bord de mer, il reste possible de trouver des bons plans avec un rendement locatif correct. Mais autant le dire, c'est plus un choix de vie qu'un choix financier.

     

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    Le "Sharer" : Propriété partagée, propriété augmentée ! 

    Si vous êtes plutôt partageur comme l'abeille, alors pour vous, la propriété, comme le bonheur, est un richesse qui augmente quand on la partage. C'est ce que se disent en tout cas les tenants de la propriété partagée immobilière. Prix divisé par 2, 3 ou 4, accès à un grand jardin partagé, espaces privés et espaces communs plus spacieux, les formules sont variées... mais complexes à monter. Car, on ne rigole pas sur la notion de propriété en France et si cela séduit, cela gratte aussi ! En résidence principale, les acquéreurs qui ont un peu de temps pourront chercher à partager et rénover une maison voire construire un projet "from scratch". En résidence secondaire, c'est un projet plus simple côté immobilier (pas besoin de démembrement ni de travaux car l'usage est le plus souvent alterné) mais plus complexe émotionnellement et juridiquement à monter car seul le sur-mesure fonctionne.

    L'acheteur déterminé : Merci la vie ! 

    Si vous aimez accumuler frénétiquement les noisettes comme l'écureuil, alors n'attendez plus pour acheter. Si tout petit déjà, vous vouliez avoir votre chez vous, que votre salaire le permet ou qu'une sérieuse aide familiale vous tend les bras, bienvenue dans le monde exclusif des trentenaires parisiens primo-accédants. Pour cela, vous êtes prêt à vous serrer la ceinture sur les sorties ou les voyages, comme 44 % des "Y" d'après une étude HSBC.. Vous y verriez même l'avantage de vous inciter à la raison tout en se construisant un patrimoine. Peut-être êtes vous parmi les 20 % prêts à acheter plus petit que prévu, ou, comme 12 % d'autres à acheter en dehors de votre zone de prédilection voire repousser le projet d'avoir des enfants !

     

    L'accès à la propriété est donc multiforme et est tout sauf un long fleuve tranquille. Mais des alternatives existent. Alors plutôt écureuil, abeille, castor, louve ..ou cigale ? 

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    Auteur: Eric Chatry

    Eric Chatry est cofondateur de Je Rêve d'une Maison. Passionné d'immobilier et d'innovation, il porte une vision décalée de l'immobilier pour les acquéreurs.
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    Je Rêve d’une Maison est la startup qui réinvente la chasse immobilière à Paris et en région parisienne depuis 2016. Sa valeur ajoutée repose sur une technologie innovante, nommée ImmoScanTM, qui analyse en temps réel 100% du web immobilier. Son efficacité repose également sur une équipe performante qui accompagne les acquéreurs tout au long du processus d’acquisition.